Est-ce que le rang dans la fratrie influe sur le caractère d’un enfant? Quelle est la meilleure place dans la fratrie ? Selon différentes études, la place qui nous est assignée dès la naissance, joue un rôle déterminant dans la construction de notre personnalité

 L’aînée

L’aînée ouvre le bal, c’est la concrétisation d’un amour et le commencement d’une vie de famille. Parents, nous sommes et inexpérimentés. On se donne corps et âme pour être à la hauteur. Ce premier enfant va focaliser toute notre attention, pas de faux pas, il faut être des parents dignes de ce nom et le chouchouter….En retour, il ou elle a tout intérêt à être le fils ou fille parfait(e)….Et inconsciemment, on projette tous nos rêves et espoirs sur cet enfant.
Du côté de l’aînée, s’opère alors un étonnant mimétisme, il s’imprègne des caractéristiques d’un univers perfectionniste et ambitieux orchestré par ses parents.
L’enfant est généralement appliqué et sérieux pour les séduire.
Avec la fratrie, c’est le chef de bande, celui à qui les parents font confiance et demandent de l’aide pour surveiller les plus petits. Il acquiert ainsi l’autorité, les responsabilités et la détermination liée à son rang.
S’il est sur-impliqué très tôt, l’aînée peut devenir un adulte inquiet qui par peur de décevoir, adoptera une nature assez conventionnelle et anxieuse. Les aînés n’aiment être exposés aux regards des autres que s’ils sont la vedette. S’ils risquent de commettre une erreur susceptible de ternir leur image de perfection, ils préfèrent s’abstenir », Michael Grose, spécialiste de l’éducation et auteur du livre Pourquoi les aînés veulent diriger le monde et les benjamins le changer (Marabout-Hachette).

Le cadet

Le cadet est l’enfant qui viendra cimenter votre nouveau rôle de parent. C’est l’enfant qui vous mettra à l’épreuve car pour lui, il est difficile de passer après l’aînée et de trouver sa place. On dit du deuxième qu’il est imprévisible, contestataire, paradoxal mais sociable, partageur et indépendant.
Le cadet fait tout pour attirer l’attention de ses parents quitte à cumuler les bêtises.
« il est l’esprit libre de la famille ou le plus susceptible d’énerver ses frères et sœurs. Quand trois enfants regardent tranquillement la télévision, si vous entendez soudainement crier, vous pouvez parier que c’est le cadet qui est venu troubler la paix ! » Affirme Michael Grose.
Plus l’écart d’âge est réduit entre l’aînée et le cadet (-2 ans), plus ils entretiendront une relation paradoxale basée sur l’alternance de moments forts en rivalité comme en complicité. Face à l’autorité de l’aînée qu’il jugera injuste, il aura aussi tendance à se venger sur les plus petits.
Oui difficile de trouver sa place mais cela lui permettra d’acquérir assez tôt des capacités d’adaptation plus grande que l’ainée. De plus, pour séduire l’aînée qu’il ne pourra pas corrompre, il apprendra à user de diplomatie pour arriver à ses fins!

L’enfant du milieu

Appelée aussi l’enfant sandwich, c’est celui à qui on alloue moins de temps, l’enfant qui grandit vite sans qu’on s’en aperçoive.
« il ne peut pas toujours compter sur son aîné ou demander de l’aide à ses parents, davantage disponibles pour le dernier. Il se tourne donc vers ses camarades », constate Michael Grose spécialiste de l’éducation.
Ainsi, tout naturellement, l’enfant devient plus indépendant, il apprend très tôt à demander peu d’aider, à se débrouiller seul tout en étant sociable.
Cette aptitude d’adaptation qu’il a acquise va faire de lui un être sociable. Plus l’enfant se sentira lésé par rapport à un aîné plus privilégié et un dernier plus gâté, plus une fois adulte, il sera dominé par un esprit de conciliation et de justice. Attention, il peut aussi montrer une extrême réserve pour ne pas subir les conflits et sécuriser sa tranquillité qui lui est chère.

Le benjamin

Celui-ci est votre tout dernier, celui que l’on souhaite garder le plus longtemps possible à ses côtés. Le plus veinard parmi tous ! Puisque nos exigences s’émoussent et qu’on relâche la pression.
Ainsi nous sommes plus tolérants avec lui et à la fois moins sensible à ses exploits. Oui pas facile de passer derrière les dessins et les notes de ses frères et sœurs. De ce fait, le benjamin ne recueillera pas toute la reconnaissance qu’il aurait méritée.
Comme lui vit- il ce statut du dernier de la famille ? D’une part, le benjamin trouve son compte dans cette situation. Un peu fainéant, passer pour le bébé, lui convient puisqu’il échappe aux responsabilités et aux prises des décisions. Il saura aussi en tirer profit pour arriver à ses fins. Un brin charmeur et manipulateur, il suffit pour lui de jouer la carte de la vulnérabilité pour que l’on se rue à son secours. Toutefois, l’enfant trop protégé aura du mal à se prendre en main par peur d’être jugé et notamment par la fratrie.
Adulte, il peinera être pris au sérieux sans passer par des moments de désaccord violent pour proclamer son statut d’adulte et sa capacité de décision.
Même si le benjamin est « Destiné à rester petit, c’est au petit dernier de prouver le contraire. Ce qui est souvent un moteur pour sa vie » constate Françoise Peille Psychologue clinicienne.